Biographie

La France (1872-1895)

Enfance dans le Pas-de-Calais, études artistiques à Paris

Issue d’un milieu bourgeois aisé et aînée d’une famille de huit enfants, Marguerite bénéficie d’une relation privilégiée avec son père, Arthur, avocat respecté et lecteur érudit, peintre à ses heures, qui l’ouvrira au monde, à la culture et à la contemplation de la nature. Si sa mère est relativement peu présente dans son éducation, les arrière-grands-oncles de celle-ci, élèves de Rembrandt, seraient à l’origine de son goût passionné pour la peinture. Son éducation à la pratique de la peinture sera marquée, dans un premier temps, par l’enseignement académique. Elle fera très jeune l’expérience de la mort et ce sens du tragique de la vie ne la quittera jamais. Elle prend tôt conscience de sa nature solaire et se sent de plus en plus attirée par le sud.

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26 juin 1872 : naissance à Arras (Pas-de-Calais) de Marguerite Provins, fille d’Arthur Provins, avocat d’origine belge, français après 1870, de grande culture humaniste, et de Marie, Françoise, Josèphe, née Victoor, originaire de Hollande.

Etés aux bains de mer et vacances dans diverses propriétés de la famille Provins.

Séjours à Paris. Visites des Salons.

De 1876 à 1889 : élève externe dans un pensionnat.

Dès 1881, rédaction de contes, vers et drames, dont rien ne semble conservé.

Dès 1889 : problèmes de santé.

1891-1896 : études à Paris, sur les conseils d’Edouard Detaille, peintre de la guerre de 1870.

Cours de peinture à l’Académie Julian avec Jean-Joseph Benjamin Constant, peintre orientaliste, et Jean-Paul Laurens, peintre d’histoire.

Cours à l’Académie Colarossi.

Etude de l’antique au Louvre, de l’anatomie à la Faculté de Médecine, dessin sur le motif au Jardin des Plantes avec le sculpteur animalier Emmanuel Frémiet.

La Suisse (1895-1905)

Installation en terre vaudoise, rencontre de Biéler, explosion créatrice en Valais, une Ligue pour la beauté

Cette période est marquée par des rencontres capitales pour la jeune artiste, par la présentation de ses œuvres à diverses expositions, par une activité d’enseignante, de journaliste et même de conférencière. Sur le plan pictural, elle développe peu à peu son style personnel dans des portraits, des compositions à forte connotation symboliste, des paysages et des scènes de genre. Elle s’exprime aussi à travers les arts décoratifs, marquant progressivement une discordance entre le contenu de ses œuvres et la réalité de son existence. Sa vie oscillera elle aussi entre le désir de vivre ou celui de mourir, de vivre ou de créer, de vivre sereinement dans une forme de sédentarité ou de partir à la découverte du monde.

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1895 : rencontre d’Adolphe Burnat, originaire de Vevey (Suisse), protestant, étudiant à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris dans la section d’architecture.

Exécution de compositions symbolistes et de portraits.

1896 : 13 février, mariage à Arras avec Adolphe Burnat. Voyage de noces dans le Midi de la France. Installation du couple à Vevey.

Ouverture de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris aux femmes : Marguerite y suit des cours.

De 1896 à 1898 : divers voyages chez ses parents en Artois, Hollande, Belgique, Allemagne.

1897 : désillusions, premiers malentendus conjugaux, tensions avec le milieu Burnat.

Enseignement du dessin à l’Ecole Vinet à Lausanne, où Edouard-Marcel Sandoz sera son élève, et dans son atelier, rue d’Italie à Vevey, où elle expose son travail.

Rédaction d’articles pour la Feuille d’Avis de Vevey et la Gazette de Lausanne.

Activité de conférencière.

1898 : rencontre du peintre Ernest Biéler et découverte du village de Savièse (Valais).

Peintures de scènes de la vie montagnarde.

Intérêt pour les arts décoratifs et exposition à Vevey.

Expositions à Genève, Paris, Mulhouse et Douai.

Tourments causés par deux rêves prémonitoires de ses futures visions hallucinatoires.

1899 : développement de son activité d’écrivaine, parallèlement aux arts plastiques.

1900 : présentation de trois œuvres à l’Exposition Universelle de Paris.

1901 : installation du couple Burnat-Provins à La Tour-de-Peilz.

Participation à l’Exposition cantonale vaudoise à Vevey.

Conférence sur « Le féminisme » à Vevey.

1902 : conférence sur « L’art et les artistes » à Vevey.

1903 : publication de son premier livre illustré, Petits Tableaux valaisans.

Ouverture à Vevey, rue d’Italie 50, d’une boutique « A la cruche verte ».

Enseigne de la boutique ouverte par l’artiste, Sion, Musée d’art

 1904 : publication d’Heures d’automne, illustrées par l’artiste.

Réalisation de l’affiche pour la Fête des Vignerons de 1905 à Vevey.

Fête des Vignerons, affiche, 1905, Sion, Musée d’art

1905 : publication de Chansons rustiques, illustrées par Marguerite.

17 mars 1905, Gazette de Lausanne: appels à la constitution d’une Ligue pour la Beauté.

Mort à Vevey du père de l’artiste, Arthur Provins.

Des Alpes à l’Orient (1906-1913)

Coup de foudre, rupture, poésie et voyages

Jugée indésirable en tant qu’étrangère et artiste éprise d’indépendance, tant au bord du Léman qu’à Savièse, Marguerite voit son quotidien momentanément transcendé par la rencontre avec Paul de Kalbermatten, ingénieur issu d’une grande famille valaisanne. Elle l’accompagne dans ses voyages en Europe et en Orient et rencontre des personnalités du monde littéraire, artistique et musical. Mais, constamment en proie à des problèmes matériels (soucis financiers, ruine de la famille Provins), à la fragilité de sa santé, à des doutes sentimentaux et même à des trahisons (du peintre Biéler, notamment), aux difficultés de se faire connaître en Suisse, de pouvoir réellement compter sur ses éditeurs et d’accéder à la Légion d’Honneur, elle trouvera refuge dans l’écriture et dans l’illustration de plusieurs de ses ouvrages, témoins ses nombreuses publications chez l’éditeur parisien Sansot. En point de mire, Le Livre pour toi, cent poèmes d’amour à Paul publiés en 1907. Après son divorce avec Adolphe Burnat, elle épouse Paul à Londres en 1910, et le couple passe deux ans en Egypte avant de s’installer, toujours pour le travail de Paul, à Bayonne (Pyrénées-Atlantique).

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1906 : publication du Chant du verdier, dont l’artiste illustre la couverture.

 

24 juin : à Savièse, rencontre de Paul de Kalbermatten, ingénieur sédunois.

Décision de quitter Adolphe.

Périple en Italie et au sud de la France. Rencontre de Francis Jammes et Frédéric Mistral.

1907 : publication du Chant du verdier, mal accueilli par les Saviésans.

Départ pour Sion. Malade et hallucinée, terrée au Grand-Hôtel.

Publication du Livre pour toi, cent poèmes d’amour à Paul, retiré de la vente, puis édité à Paris.

Séparation d’avec Adolphe.

Publication de Sous les noyers, avec illustration de la couverture.

Séjour en Savoie, à Saint-Bon-sur-Bozel, où Paul est appelé pour son travail.

Ecriture, peinture, création d’objets en bois et de modèles de broderie. Commande de la maison Suchard pour la décoration de boîtes.

Rédaction des Heures d’hiver et de La Fenêtre ouverte sur la vallée.

1908 : retour avec Paul à Genève.

Séjour du couple en Engadine. Séjour chez sa mère à Douai, puis à Paris chez son frère Arthur: volonté de se faire connaître dans le milieu littéraire.

Rencontre à Zurich avec Ernest et Marie Bovet, couple d’intellectuels proches des artistes.

Retrouvailles avec Paul à Pontresina où il travaille.

Séjour à Saint-Moritz où elle donne des cours de dessin. Rencontre de l’écrivain parisien Robert de Montesquiou et du violoniste belge Martin Marsick, qui lui demande un opéra.

A Soglio, rencontre de la famille du peintre divisionniste italien Giovanni Segantini.

28 juillet : à Vevey, divorce de Marguerite et Adolphe. Conservation de son double nom.

Conférences et études à la Bibliothèque de Genève.

Prise de conscience du handicap d’être femme et suissesse.

Doutes sur Paul. Problèmes financiers. Ruine de la famille Provins.

Annonce de la deuxième édition du Livre pour toi, préfacé par Henry Bataille.

1909 : publication de Cœur sauvage.

Séjour en Italie.

Installation aux Grisons, dans le val Poschiavo, au Prese.

Rédaction de La Servante, chronique de sa vie dans ce lieu.

Destruction d’une partie de ses écrits de jeunesse. Tentative de vendre certains de ses biens.

Opérations à la clinique du Dr Oskar Bernhard à Saint-Moritz.

Convalescence entre Saint-Moritz, Cantin, Lausanne, Zurich et Paris.

Retour à Pontresina pour y donner des leçons de dessin  et étudier l’espagnol.

1910 : affaiblie et séparée de Paul. Séjour à Cantin, son pays natal.

Illustrations de livres pour Ollendorff.

17 mai : à Londres, mariage civil avec Paul de Kalbermatten.

A Paris pour discuter de l’édition de Anne, ma sœur Anne, édité en 1912.

Séjour en Egypte où Paul est appelé à la construction d’un chemin de fer. Typhus.

Rédaction de Grains de sable, d’une pièce de théâtre, élaboration de couvertures de livres et aquarelles de plantes.

Propositions de traduction du Livre pour toi en anglais, polonais et italien.

Publication du Cantique d’été avec une préface de l’écrivain belge Camille Lemonnier.

Projet de vendre tout le contenu de son atelier : offres à diverses personnalités.

1911 : visite du Caire et des pyramides.

Affaire Carl Ehrenberg (compositeur, à qui l’on doit Hymnes pour toi, quatre chants orchestrés sur des textes du Livre pour toi, publiés en 1912 à Leipzig).

Réalisation de la plupart des dessins du Livre pour toi.

Séjour au Liban et, pour sa santé, dans la montagne syrienne.

1912 : retour en Egypte, puis par Gênes et les Borromées en Suisse, enfin à Cantin.

Publication de La Fenêtre ouverte sur la vallée, suivie du recueil Anne, ma sœur Anne.

Crise conjugale. Séparation envisagée par Marguerite.

Gravure d’une planche du Livre pour toi.

A Paris, règlement d’affaires avec des éditeurs, droits de ses œuvres rachetés à Sansot par Ollendorff.

Réconciliation du couple et installation à Bayonne pour le travail de Paul.

Démarches en vue d’obtenir la Légion d’Honneur. Présence d’une rivale : la poétesse Anna de Noailles, qui obtiendra la distinction en janvier 1913. Marguerite, quant à elle, deviendra chevalier de l’Ordre avant 1922.

1913 : climat de Bayonne néfaste à sa santé. Séjour à Salie-de-Béarn.

Contrat passé pour la publication de La Servante. Illustrations de cette œuvre.

Propositions d’articles et de dessins à une revue d’art appliqué, L’Atelier de Madame.

Création de modèles de tissus pour Koechlin et Baumgarter de Lörrach (duché de Bade).

Aquarelles du Livre pour toi entre les mains de l’éditeur d’art Jules Maynial, qui cherche des fonds (60’000 francs). Epreuve d’essai exécutée par le graveur Florian.

Engagement dans une campagne pour la défense des littérateurs libres.

Petits tableaux valaisans en voie d’épuisement.

Soucis d’édition (avec Ollendorff, qui doute de ses chances de succès) et de santé.

De Paris à Saint-Jacques-de-Grasse (1914-1952)

Angoisse de la maladie et de la mort, dessins hallucinatoires, découverte de la méthode Coué, décès à Grasse

Rongée par la maladie et de plus en plus en proie à des angoisses morbides, Marguerite voit sa vie basculer au moment où retentit le tocsin de la mobilisation. Ces tourments trouvent leur expression dans un important corpus de dessins hallucinatoires, qui vont progressivement constituer Ma Ville, œuvre phare de ce dernier volet de son activité créatrice qui intéressera le milieu psychiatrique. La guerre sépare le couple et décime sa propre famille. Alors que Paul poursuit ses voyages professionnels, puis se voit mobilisé en Suisse, Marguerite s’installe à Neuilly. Cette période sera émaillée de démêlés avec ses éditeurs, de déceptions face à l’indifférence de sa famille envers sa carrière, mais aussi de rencontres avec des gens de lettres, de séjours en Bretagne, dans le Midi, en Algérie, au Maroc et en Amérique du Sud et, surtout, de l’achat du Clos des Pins à Grasse. L’écriture et la peinture continueront de l’occuper et se verront complétées par un intérêt marqué pour la méthode Coué. Elle militera également pour la littérature régionaliste. Toutefois, c’est en 1925 que Marguerite découvrira qu’elle a une rivale, Jeanne Cartault d’Olive, dans le cœur de Paul, qui se montrera néanmoins très loyal à son égard. Sa fin de vie sera assombrie par la mort de sa sœur Marthe, puis de sa mère, le dépouillement de Paul par les Allemands et des problèmes de santé toujours plus lancinants. Bouleversée par les méfaits de la guerre, elle trouvera un certain refuge dans la religion. Elle mourra en 1952, quinze ans avant Paul qui se sera entretemps remarié avec Jeanne.

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1914 : souffrante, rêves de mort violente.

 

Publication de La Servante: dessins pour la couverture, les bandeaux et culs-de-lampe.

Retour de Paul en Suisse, mobilisé. Marguerite seule à Saint-Savin-sur-Argelès. Ses frères sont au combat.

2 août à 16 heures: à l’écoute du tocsin de la mobilisation, Marguerite, en proie à des hallucinations, voit des personnages étranges dont elle entend les noms et qu’elle peint. Ils formeront l’ensemble Ma Ville, soit plus de trois mille figures à sa mort.

Retour à Bayonne : publication de 70 articles dans Le Courrier de Bayonne et du Pays Basque, lui donnant l’illusion d’agir sur le front.

1915 : départ de Paul pour Bordeaux. Départ de Marguerite de Bayonne et installation à Neuilly, puis à Paris.

Mécontentement envers son éditeur, Ollendorff. Renouement avec Sansot.

Inscription au « Syndicat des auteurs d’ouvrages d’enseignement, et de vulgarisation ».

Rencontre à Paris d’Edouard Monod.

1916 : rencontre à Paris du docteur Gustave Geley, l’un des premiers savants à s’être penché sur sa création hallucinatoire, Ma Ville. Il la suivra jusqu’en 1919.

Rencontre de Fernand Vanderem et Félix Fénéon, critiques littéraires au Figaro.

Appuis de toutes sortes de personnalités : Henry Bataille, Pierre Loüys, Anatole France, Jean-Paul Laurens, Louis Barthou, Mme Catulle Mendès.

Séjour à Brest chez son amie poète Jeanne Perdriel-Vaissière. Conquise par la Bretagne, elle écrit Le Livre du Pays d’Ar Mor et Poèmes troubles, dédicacé « Pour moi-même », publiés en 1920.

1917 : publication des Poèmes de la boule de verre.

Intérêt pour la pratique de la gravure sur bois.

1918 : installation à Passy, puis séjour en solitaire à Montreuil-Bellay, en Maine-et-Loire. Ecriture et peinture.

Retour vers Paul à Bagnères-de-Luchon en Haute-Garonne, puis à Paris.

1919 : voyage en Algérie : Alger, Constantine, Timgad, Biskra. Expérience bénéfique : climat ressourçant et plongée dans l’Antiquité.

Rédaction des Poèmes de la Soif, publiés en 1921.

Retour à Bagnères-de-Luchon : début de la composition de Près du rouge-gorge, terminé en 1921 et publié en 1937.

Retour en Algérie, puis à Tunis. Rédaction des Poèmes du Scorpion, publiés en 1921.

1920 : année faste. A Bagnères-de-Luchon.

Découverte et pratique de la méthode d’Emile Coué qu’elle écoutera à Nancy.

Publication à Paris d’Heures d’hiver, de Poèmes troubles, du Livre du pays d’Ar Mor et de Vous. 

1921 : publication des Poèmes de la soif et des Poèmes du scorpion.

Séjours à Magagnosc, Nice, Cannes, Saint-Paul-du-Var et Saint-Jacques-de-Grasse où elle achète le Clos des Pins.

Coup de théâtre : propriété revendue à un Polonais ; fuite de Marguerite à Magagnosc.

1922 : réédition du Chant du verdier.

Publication des Contes en vingt lignes.

Retour de Paul à Paris. Marguerite séjourne à Cannes, puis à l’Etang-la-Ville. Le couple ne vivra presque plus ensemble jusqu’à la retraite de Paul en 1941.

Appelée à Marseille et Nîmes : conférences sur la méthode Coué, rédaction d’articles et obtention de guérisons (paralysie, mal de Pott).

Hiver 1922-1923 : à Magagnosc.

Correspondance avec Jean Lebrau, poète régionaliste.

Rapprochement avec le mouvement littéraire régionaliste, abandon de ses ambitions parisiennes.

Tractations pour obtenir une indemnité pour dommages de guerre.

1923 : installation du couple à Saint-Germain-en-Laye auprès de la mère de Marguerite.

Maladie et alitement tout l’été.

Résiliation de la vente du Clos des Pins. Retour de Marguerite, seule, au Clos des Pins. Crise conjugale. Départ de Paul pour l’Argentine.

1924 : retour de Paul auprès de Marguerite avant son départ pour le Congo.

1925 : nouvelle opération en clinique à Cannes.

Révélation de la liaison de Paul avec Jeanne Cartault d’Olive, probablement rencontrée à Bagnères-de-Luchon au début des années 20, poétesse à ses heures.

Pour raisons professionnelles, départ de Marguerite et Paul pour Montevideo, puis séjour du couple à Buenos Aires, Rio, et retour par les Canaries et le Maroc. Bien-être de Marguerite à Marrakech.

Rédaction de Premier schéma de ma vie.

1926 : séjour du couple au Clos des Pins, puis retour de Marguerite, malade, à Saint-Germain-en-Laye où les de Kalbermatten ont loué un appartement pour sa mère.

Illustration des deux tomes des Principes de morphologie générale d’Edouard Monod-Herzen.

Poursuite de la création des figures de Ma Ville.

1927 : problèmes cardiaques.

Alternances de séjours à Bayonne, Saint-Germain et Grasse.

1928 : de janvier à mars, à Saint-Germain, rédaction du Voile.

Conférence d’Edouard Monod-Herzen en Sorbonne sur Ma Ville.

Edition de Théoduline. 

1929 : publication du Voile, dernière édition originale parisienne. Les ouvrages suivants seront édités à Lyon et à Lille.

Vacances à Brest chez Jeanne Perdriel-Vaissière.

1930 : réédition de Cantique d’été.

Début de l’écriture de La Cordalca, publiée en 1943.

Réception de Marguerite à la Société des gens de lettres, dans l’Académie de Province. Cette distinction couronne ses efforts pour se rapprocher d’écrivains régionalistes français comme le Béarnais Francis Jammes, le Provençal Frédéric Mistral ou l’Auvergnat Henri Pourrat avec lequel elle entame une correspondance.

Publication par Eugène Osty d’un article sur Ma Ville dans La Revue Métapsychique.

Chutes en Provence parmi les oliviers : fracture du poignet et commotion cérébrale.

Souffrances dues à l’indifférence de sa famille pour son travail d’artiste, à la désaffection du public et à l’oubli des éditeurs.

Engagement de Paul dans les filatures Herzog à Logelbach, près de Colmar.

1931 : installation de Paul en Alsace. Pour raisons de santé, Marguerite renonce à le suivre. Sa sœur Marthe aidera Paul au ménage.

Réception d’Henri Pourrat à l’Académie de Province. Pour raisons de santé, renoncement de Marguerite à prononcer le discours de réception.

Départ du Clos des Pins pour cinq mois au Maroc. Elle y séjournera tous les hivers jusqu’en 1935.

1932 : retour au Clos des Pins, via Marseille. Sa mère y passe les étés. Nostalgie du Maroc.

Publication à Genève, par Monod-Herzen, de Art et inconscient, où il exprime son admiration pour les dessins de Ma Ville, « grande Comédie Humaine ».

Hiver 1934-1935 : dessin de 146 nouvelles figures de Ma Ville, ce qui porte la somme de ces personnages à 1’400 en août 1935.

Réalisation de 19 panneaux décoratifs pour le hall de la maison de Paul à Logelbach.

1936 : mort tragique de sa sœur Marthe en Alsace. Marguerite séjournera à Logelbach, dans la grande maison de 22 pièces, jusqu’en mai 1937. Allusions de plus en plus fréquentes à Dieu, au soutien de la religion.

1937 : publication de Près du rouge-gorge.

Rédaction des Heures d’été au Clos des Pins.

A Fontenay, Marguerite reçoit les honneurs de l’association régionaliste artésienne des Rosati de France. Elle est nommée Rosati d’honneur.

Retour au Clos des Pins.

1938 : nomination à la vice-présidence des Cahiers de France, qui lui consacrent une journée, avec des exposés de Danielle Hemmert et de Gisèle Vallerey.

1er mai : à Monte-Carlo, journée Marguerite Burnat-Provins, organisée par le groupe méditerranéen de l’Association des écrivains de langue française. Exposition à La Potinière : « Cent aquarelles de Marguerite Burnat-Provins pour illustrer Ma Ville, rêve et fantasmagorie ». Causerie sur Ma Ville. Récital

Causerie littéraire sur Marguerite par Marc de la Roche, présentateur à Radio Tour Eiffel.

1939 : soucis de santé. Cure à Vichy, puis séjour en Alsace où elle apporte à Paul Ceux d’Auvergne d’Henri Pourrat.

Rédaction des Heures de printemps, texte resté inédit de son vivant.

Retour au Clos des Pins, via Genève. Elle y demeurera en permanence jusqu’à sa mort. 

1940 : en raison de l’invasion allemande, disparition pour la seconde fois de tous les biens des de Kalbermatten dans la villa qu’occupe Paul. Ce dernier, expulsé d’Alsace, doit tout abandonner (tableaux, panneaux décoratifs de 1934, collections, souvenirs). La villa sera pillée, et Marguerite n’obtiendra jamais d’indemnités de guerre vu sa nationalité suisse. Paul est emmené à Albi, puis autorisé à gagner Lyon où il travaille dans la succursale des tissages Herzog jusqu’en septembre 1941.

1941 : retour de Paul auprès de Marguerite au Clos des Pins.

Mort de la mère de Marguerite à 92 ans.

Privations dues à la guerre ; Pourrat envoie des provisions au couple.

Rencontre fortuite avec Marie-Thérèse Roustan, 20 ans, qui deviendra une amie précieuse pour Marguerite.

1942 : contact avec le docteur Gaston Ferdière, directeur de l’Hôpital psychiatrique de Rodez, pour comprendre le mécanisme de création de Ma Ville.

1943 : publication de La Cordalca, dernier livre de l’artiste.

Installation définitive de Paul au Clos des Pins.

Souhait de vendre Ma Ville en bloc à une institution qui porterait son nom.

Tourments dus à la guerre : rationnement, raids sur la Côte d’Azur, etc.

1944 : libération de Grasse et sa région. Marguerite très attachée à Jésus. De plus en plus souvent alitée. Liens renoués avec le Valais qu’elle ne reverra jamais.

1945 : proposition de Jean Dubuffet, par l’intermédiaire de Georges de Morsier, d’adjoindre Ma Ville à sa Collection de l’Art brut.

1946 : Dubuffet apprend à Georges de Morsier que l’œuvre de Marguerite n’entre pas dans sa conception de l’Art brut et qu’il renonce à l’acquérir. Elle entrera quelques années plus tard dans la Collection de l’Art brut, dans la section « Neuve Invention » où elle sera la première femme exposée.

Mort d’Adolphe Burnat.

Mariage religieux de Marguerite et Paul.

Reconnaissance par la famille de Kalbermatten que Marguerite fut la femme de Paul.

Achèvement des 102 planches décoratives pour une édition de luxe du Livre pour toi.

1947 : poursuite de la production de Ma Ville. 

1950 : considérations sur la Société des amis d’Ernest Biéler, créée par sa veuve.

1952 : 20 novembre 1952 : mort de Marguerite à 80 ans au Clos des Pins. Inhumation dans le cimetière de Saint-Cézaire-sur-Siagne, près de Grasse.

1955 : remariage de Paul avec Jeanne Cartault d’Olive-Crouzat.

1967 : mort de Paul de Kalbermatten à 89 ans au château de Siest (Landes), propriété de sa seconde femme.


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